Le XVIII° siècle

Le Pays de l'Ourcq en marche vers la Révolution

 

A l'aube du XVIII° siècle, deux importantes dynasties se partagent l'essentiel du territoire que constitue aujourd'hui le Pays de l'Ourcq : Les Potier de Gesvres et les Hardy de la Trousse.
Ces derniers s'établissent sur le domaine de la Trousse dès le XV° siècle. C'est Sébastien le Hardy de la Trousse, grand prévôt de France, qui y fait établir un château sur les bases de l'ancien à la fin du XVI° siècle. A cette époque la Marquise de Sévigné y séjourne à plusieurs reprises, charmée par une architecture qu'elle décrit dans certaines de ses lettres à la comtesse de Grignan, sa fille. Le château actuel présente une architecture remaniée en 1865.

 

 Carte des duchs

 Carte des seigneuries du Pays de l'Ourcq au XVIII° siècle

@ Conception graphique Ludovic Boucard, Pays de l'Ourcq

 

 

 Chateau de Gesvres  Chateau de la Trousse

 Château de Gesvres / Château de la Trousse, vues actuelles, © CCPO

 

 

 

  • Une aristocrate citoyenne : la comtesse d'Harville

 

La comtesse dHarville en citoyenne           La Comtesse dHarville  la mode Empire

La Comtesse d'Harville (Paris, 1749 – Lizy-sur-Ourcq, 1836)
(à gauche) Portrait réalisé au physionotrace par Jean Fouquet, gravé par Gilles-Louis Chrétien.
(à droite) Portrait plus tardif, pastel, coll. P. d'Harville © J.P. Lepelletier

 

Marie Henriette Augustine Renée Dal Pozzo della Cisterna tient sa descendance des Hardy de la Trousse par sa mère. Elle est âgée d'à peine un an quand son père décède. Elle fut élevée par sa mère et son beau-père, le comte de la Chaussée d'Eu.
Le 17 avril 1766, elle épouse Louis-Auguste Jouvenel des Ursins, comte d'Harville (Paris 1749, Lizy-sur-Ourcq, 1815), au château de la Trousse. A cette époque, la Comtesse d'Harville est très appréciée de ses contemporains, pour son humilité mais aussi pour son adhésion aux nouvelles idées diffusées par les philosophes des Lumières.
Dans les années 1770, elle suit des cours de chimie appliquée et des leçons de mathématiques. Elle se préoccuppe particulièrement de faire évoluer le mode d'éducation des enfants et partage ses réflexions à ce sujet avec l'un de ses amis proches le comte Alexandre Golovkine.

Aucun enfant ne scellera son mariage avec le Comte d'Harville, et en 1778, elle obtient la séparation des biens tout en conservant de bons rapports avec son époux jusqu'à la fin de sa vie. Ce dernier traversa dignement cette période troublée eu égard à sa bravoure au combat au sein de l'armée révolutionnaire, puis aux côtés de Napoléon. Il est d'ailleurs représenté en bonne place sur "Le Sacre de Napoléon", peint par Jacques Louis David, juste derrière le maréchal Murat, et son nom est gravé sur la pierre de l'Arc de Triomphe.

 

Le Comte dHarville
Portrait du Comte d'Harville,
huile sur toile, coll. P. D'Harville © J. P. Lepelletier

 

De son côté, la Comtesse d'Harville perd la jouissance de ses biens à la Révolution française et cède son château ainsi que les terres de la Trousse à Charles Guillaume Baudon de Mony en 1791. Elle écrit une lettre à l'Assemblée Législative où elle s'engage comme citoyenne à élever douze enfants jusqu'à l'âge de 16 ans et à leur donner "tous les moyens de choisir un état".
C'est dans sa propriété de Lizy-sur-Ourcq qu'elle séjournera jusqu'à la fin de sa vie, en s'attachant à servir le plus dignement possible ses concitoyens. Elle repose dans le cimetière de la ville.


Quelques jours avant sa mort, elle confie à l'un de ses petits-neveux : "On te dira, mon enfant, du mal de la Révolution française ; ne crois pas tout ce qu'on te dira : malgré ses erreurs et ses fautes, elle a été un grand, un heureux événement."*

* Extrait de A. Galante Garrone, "Gilbert Romme. Histoire d'un révolutionnaire (1750-1795)", Paris, Flammarion, 1971.

 

 

 

  • Des galères à l'Amérique : les comtes de la Myre-Mory au Gué-à-Tresmes

 

Chateau du Gue a Tresmes Congis

Château du Gué-à-Tresmes © CCPO

 

Le château du Gué-à-Tresmes est un bel exemple des édifices de style néoclassique qui fleurissent en France entre 1750 et 1830 (voir aussi l'église (façade de 1765) et le château Borniche (1842) à Mary-sur-Marne). Il fut commandé en 1775 par François-Jean Comte de la Myre-Mory d'Honneinghem (1723 - 1801) capitaine des gardes du prince de Conti, qui devint ensuite chevalier de l'Odre de Malte. Il accomplit de nombreuses campagnes navales sur les galères de l'Ordre, en qualité d'enseigne de vaisseau et de major. Son fils, André-Jérôme de la Myre, vicomte de Mory (1762 – 1807) embrasse quant à lui une carrière militaire dans l'infanterie. Il était chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, maréchal des camps et de l'armée du roi. Il fait la guerre d'Amérique, dans les îles de Grenade (1779), participe à la prise de Savannah (Georgie) en 1780. De retour en France, il devient capitaine de cavalerie au régiment Royal-Etranger et suit le corps de Condé en Bohème (il est blessé à Kamlach en 1796). Il devient maréchal des camps et armées avant de mourir.

 

 

 

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